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Le refuge pour les oiseaux et la biodiversité

de Saint-Julien-sur-Garonne

Observation des oiseaux du refuge

10 mars 2010

Le soleil s'est installé et rehausse le paysage de ses jeux

chardonneret, mésange charbonnière et mangeoire 2 pentes
mésange charbonnière (dans la mangeoire) et chardonneret
mésange bleue et mangeoire 2 pentes
mésange bleue

d'ombre et de lumière. Les grands froids de cet hiver ont durement touché les organismes. Les oiseaux viennent encore aux mangeoires, mais le temps des amours semble avoir sonné. Comme des petites flèches quadrillant notre ciel, les oiseaux commencent à s'agiter, qui pour trouver la compagne des beaux jours, qui pour s'en faire aimer, tel autre pour dénicher le logement assez sûr pour élever une couvée. Si on y prête attention, on voit parfois des mâles appeler leurs belles pour qu'elles viennent visiter le logis dont ils se sont assuré la propriété. Elles le prendront s'il est bon, et le logeur avec. Nous commençons à envisager de couper le chauffage. Pour les soirées, la cheminée suffira bien...

mésange charbonnière et mangeoire 2 pentes
mésange charbonnière
mésange bleue et mangeoire 2 pentes
mésange bleue

L'heure est venue d'établir les constats: cet hiver fut aussi rude que bref. Tant mieux. C'est un vrai bonheur de voir s'illuminer les plumages des oiseaux qui se font brillants pour

séduire leurs belles. Ceux qui aiment en costume se hâtent de revêtir leur habit nuptial. Les chanteurs entonnent la musique et les danseurs se délient les pattes. Nous aussi, nous sommes heureux; deux fois trente centimètres de neige en un seul hiver, ce n'est tout de même pas fréquent! L'hiver a été rude, le printemps s'annonce clément. Les sourires s'accrochent aux visages.

 

19 mars 2010

Patatras! Depuis hier déjà, le refuge ressemble à cela:

oiseaux dans la neige
chardonnerets et pinsons

Encore 20 centimètres de neige et des températures en dessous de zéro. Sapristi! C'est la troisième fois! Cette fois-ci, c'est du jamais vu! Et il fait quoi ce pinson en habit de lumière, comme un torero perché sur une congère? On dirait que les oiseaux ont la tête basse, résignés à subir jusqu'au bout cet hiver d'un autre monde. Quand j'étais petit, on disait:"c'est la faute à la bombe atomique!". On l'a tellement guettée, cette bombe atomique, qu'on en a oublié de regarder ce qu'on jetait sous nos pieds. Nous l'avons tellement grattée, rasée, bétonnée et polluée, cette planète, qu'elle est en train de nous cracher à la figure les miasmes de notre inconscience. Même dans l'espace, les anges ne sont pas à l'abri de se prendre une poubelle en pleine figure! et pourtant, ce n'est pas de notre faute à nous, si elle n'a jamais pété, leur bombe atomique! En attendant, c'est toujours les mêmes qui remplissent les mangeoires, c'est comme les restos du coeur, il y a de plus en plus de monde dans la file d'attente, jusqu'au moment où il y en aura de moins en moins. On appelle cela la sélection naturelle. Ou la loi du marché, ça dépend du sens.

 

27 mars 2010

Voici revenu le mois d'avril-ne te découvres pas d'un fil-. Les pinsons, même richement colorés, ne s'éloignent pas trop loin des mangeoires, que je ne remplis plus depuis l'apparition des insectes, ou si peu pour être sûr. Celui-ci, dans l'herbe fraîche, vient de trouver une graine de

pinson des arbres
pinson des arbres mâle

tournesol. Bonne pioche, le tournesol, c'est un aliment de choix quand on est un pinson des arbres. Ce beau bleu d'acier sur les épaules, ce plumage brillant, cet oeil vif, scintillant et cette graine dans le bec montrent un oiseau en parfaite santé. Le refuge aura permis cela: ce seul petit oiseau suffit à justifier les efforts que nous avons accepté de fournir pendant l'hiver. Cela vaut la peine de le faire, imaginez le tableau: 2 millions de jardins privés en France sauvant 1 seul pinson pendant une seule année. Quel espoir!

pigeons
pigeons colombins

Sur le toit de la grange, un couple de pigeons colombins roucoulent et se couvrent l'un l'autre de mots d'amour aussi sonores qu'infatigables. Oubliée la neige froide et profonde, une douce chaleur émane maintenant des tuiles. Une chaleur de nouveau printanière, qui vous remet un oiseau en confiance et l'invite à fleureter avec sa belle, perchés bien haut sur un toit de campagne.
Un chardonneret se régale sans trève de ces boutons de fleurs jaunes. Il y passe des journées entières et ne s'en éloigne qu'à la nuit. Des buphtalmes à feuilles de saule...?

chardonneret élégant chardonneret élégant
chardonneret élégant
chardonneret élégant

 

28 avril 2010

Nous y voilà, la nature resplendit. Les fleurs sont en boutons, le verger en est couvert. L'activité bat son plein, les plantes ont sorti leurs jeunes rameaux, les insectes bourdonnent autant qu'ils peuvent, les oiseaux sont perchés à l'entrée des nichoirs. Je m'amuse à les regarder faire: ils ne vont pas directement au nichoir comme au nid (pour les fringilles). Ils se postent à bonne distance, évaluent l'indice de confiance (comme les météorologues), puis gagnent un perchoir plus proche, mais pas dans la direction du nid. Ainsi, de détour en détour, ils finisent par venir au nid selon une trajectoire complexe et immuable que le moindre doute peut interrompre à chaque instant. J'aime ces jours où la lumière est belle, où les arbres se parent de couleurs discrètes en ton sur ton, où les oiseaux prennent le temps de se poser une seconde pour respirer un peu les senteurs du printemps.J'aime les voir là, au refuge où j'ai la divine certitude d'être utile un peu, et d'être largement récompensé, comme ici:

pinson femelle
femelle de pinson et printemps débutant


30 avril 2010

Mon copain le pivert recommence ses rondes dans le refuge. Il est incroyablement actif, creusant par ci, grimpant par là, il ne s'accorde pas un instant de repos. Il visite chaque arbre et chaque mètre carré de terrain. Il va chercher ses proies si loin que sa tête disparaît complètement dans le sol à la
façon d'un canard plongeur, si ce n'est que le canard a la vie facile en plongeant dans l'eau! Quelle bel outil que son bec! Il creuse la terre à la manière d'une pioche, à grands coups de son extrémité

pivert
pivert
pivert
pivert

pointue, puis le fore à la manière d'une vrille, en tournant le cou dans un sens et dans l'autre, il perce l'écorce à la manière d'un burin pour la décoller un peu pour avoir accès aux délicieux insectes qui s'y cachent. Le pivert a aussi une queue solide qui lui permet de rester bien stable sur l'arbre qu'il inspecte; une queue double même,pour un meilleur appui pendant que ses griffes puissantes le maintiennent bien accroché à son arbre. Les beaux jours, pas encore vraiment chauds mais tellement ensoleillés incitent à mettre le nez dehors pour humer cette odeur de vie qui monte de la terre. Le chant du monde (merci Monsieur Giono pour la formule) succède au silence glacé de l'hiver, les couleurs se font vives et acidulées: le printemps, c'est le réveil des sens.

pivert

 

3 mai 2010

Nous y voici! En avril pas d'un fil, mais en mai je fais ce qui me plait. Le voici, le mois de mai, le joli temps d'aimer. Pour fêter l'évènement, j'endosse ma chemise à fleurs de détective et je m'arme de mon plus gros téléobjectif pour filer enfin cette aigrette garzette qui vient si souvent chasser la grenouille au refuge. J'ai bien sûr ma petite idée, si la Garonne peut être ainsi nommée. Et je n'attendrai pas longtemps pour vous ramener des clichés de la belle infidèle autrement qu'à demi drapée dans les hautes herbes, et vous la livrer telle qu'elle m'est apparue dans un

aigrette garzette

méandre tranquile du fleuve, sur la berge opposée. Elle était aussi seule qu'au refuge, mais arborait pourtant les deux plumes blanches de sa robe de mariée. Pourquoi cet oiseau est-il si seul depuis bientôt trois années que nous nous saluons en bons voisins? A quoi sert la beauté sans l'amour? Cette superbe solitaire est-elle comdamnée à errer sans fin dans sa robe de mariée? Pour l'heure je la regarde sans me lasser, me

aigrette garzette aigrette garzette

contentant d'un petit clic par ci par là de peur de me signaler à son attention et qu'elle ne me quitte prématurément. Elle se promène de droite à gauche, surveillant que l'eau ne passe pas au dessus de ses fines bottes et qu'elle ne mouille pas son joli duvet blanc, ce qui nuirait à sa beauté. Aimablement, le fleuve me renvoyait deux images de la belle, étirant le reflet vers moi comme pour m'approcher un peu. Le printemps ne pouvait commencer mieux. Cette promenade en bord de Garonne auprès de cet oiseau si beau ne pouvait être meilleure après un tel hiver.

aigrette garzette

J'ai passé un bon moment avec cet oiseau, et nous ne pouvions nous quitter sans que le fleuve nous renvoie
un dernier baiser

aigrette garzette

 

5 mai 2010

Snif!

rouge-gorge dans la neige
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