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Au cours d'une énième visite sur le site de la LPO, pour la première fois -allez savoir pourquoi- j'ouvre l'onglet "Charte des refuges LPO". je lis, puis je relis (sait on jamais) et j'appelle toute la famille, même petit Ben avec ses sempiternelles jumelles autour du cou: il faut se rendre à l'évidence, nous vivons depuis longtemps dans un refuge pour oiseaux. Je sais, c'est idiot, mais nous n'y avions jamais pensé. Nous sommes des gens très ordinaires, et nous gérons notre environnement d'une façon toute naturelle: je veux dire que si nous avons créé un refuge, c'est sans le faire exprès. Nous pensions simplement que ce que nous faisions ne devait pas intéresser grand monde. Pour des microamateurs comme nous, la LPO était un peu ce que l'Encyclopédie serait à un écolier: ce serait péché d'orgueil que d'envisager un jour d'y écrire notre entrée.Un peu rassurés, nous avons rempli le formulaire d'inscription. La lettre est là depuis deux jours, on dirait que personne n'ose la poster...
Petit historique A notre arrivée en 1998, la vie sauvage avait presque complètement disparu dans le secteur à la suite de nombreuses années de culture intensive du colza. A cette époque, les champs proches du village ont été lotis pour la construction, dans notre quartier en parcelles d'un hectare minimum. Nous avons acquis un terrain de 11 209 m². Aujourd'hui, toute culture a disparu dans un rayon de plus d'un kilomètre autour de chez nous, mais le secteur environnant est quand même marqué par la culture intensive du maïs. Les besoins en eau de cette culture ont asséché beaucoup de puits (heureusement pas le nôtre) et de points d'eau dans les villages environnants, mais la Garonne est proche (300m.).
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Nous avons, en arrivant, commencé par |
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En même temps, nous avons planté de nombreux |
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un verger |
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et créé un jardin potager biologique de 500 m² Nous avons également creusé une mare et implanté des coccinelles |
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Nous avons constaté le retour des insectes, la diminution progressive des pucerons, l'arrivée des rainettes, et enfin le retour des oiseaux: moineaux domestiques, puis mésanges charbonnières, verdiers, huppes, pics, bergeronnettes grises, hirondelles, merles puis mésanges noires, dans l'ordre chronologique. La volière visible sur la photo du potager est un reste de la grippe aviaire. La porte est grande ouverte et de nombreux oiseaux viennent y manger avec les poules.
Il est vrai que jusqu'à présent nous avons simplement fait de notre mieux pour rendre ses droits naturels à notre environnement, mais sans trop y penser, par des gestes naturels et évidents. La demande d'officialisation de notre refuge nous met face à nos responsabilités. Il nous faut maintenant dresser l'êtat des lieux et monter un projet cohérent. Etat des lieux Le site du refuge se décompose ainsi:
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C'est ici qu'il nous faudra travailler A première vue, tout cela manque d'arbres. Innocemment, nous en avions planté beaucoup, mais les chevaux les ont mangés. A refaire, donc. Parmi les arbres que nous avions plantés, nous avons quand même réussi à sauver 2 très beaux châtaigniers, un acacia besson, quelques peupliers alba et un charme; plus un hêtre et un cèdre de l'atlas qui semblent vouloir repartir, mais qui sont en piteux état. Deuxième problème, la mare s'est vidée (on en voit un petit bout à côté du saule pleureur). Après 4 années de bons et loyaux services, les griffes pointues des canards et des oies ont creusé la terre dans le fond et fini par percer la bâche d'étanchéité. A refaire aussi. Dernier problème, les pies: une colonie s'est installée dans un très gros noyer sur un terrain proche. Cet arbre abrite de nombreux nids et nous y avons recensé jusqu'à 24 oiseaux adultes. Affaire à suivre...
Voilà, c'est fait: notre refuge est maintenant officiel. Nous avons reçu le colis de la LPO avec à l'intérieur beaucoup de documentation, un nichoir et le pannonceau du refuge. Benji s'en est aussitôt saisi et a couru partout pour lui chercher une belle place bien en vue. |
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Voilà, il a choisi. Nous prenons la photo, malgré le soleil du matin qui brûle les yeux. |
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Dans la documentation, nous avons trouvé de bons conseils pour refaire la mare. Pour la première, nous avions tout faux. Nous la comblerons avec la terre extraite de la prochaine. Le saule pleureur sur sa petite avancée de terre au bord de l'eau, c'était très romantique mais pas vraiment viable. Je vous parlerai bientôt des projets de plantations sur l'espace prairie. Cela commence à prendre forme dans notre esprit, mais il faut encore travailler dessus. De toutes façons, nous ne pourrons rien planter avant l'hiver... |
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De l'école à la maison, il y a 7 kilomètres. A vélo, cela fait une promenade, d'autant plus qu'à mi chemin se trouve une mare avec un espace aménagé sous des arbres centenaires, et entourée d'un agréable bosquet. Benjamin aime y aller pêcher avec son seau et sa belle canne de pêcheur presque professionnel. Bien entendu, les poissons sont toujours relachés avant de rentrer à la maison... |
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Je dois avouer que ce genre d'endroit a marqué mon enfance, |
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L'autre jour, nous sommes repassé par la mare sous les arbres: |
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Tout est en train de disparaître |
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